Arrière petit-fils du peintre Charles Roussel (1861-1936) il est issu d’une famille d’artistes.
David Templier nous accompagne dans l’expérience du paysage primordial, à la croisée des éléments.
Ces paysages du littoral mettent en scène la rencontre, qu’elle soit frôlement, heurt ou affrontement.
Entre ciel et terre, il nous suspend sur des digues qui ne mènent nulle part et partout.
Pour Plages d'Opale ; de Berck sur Mer, du Touquet ou de Stella , il ne cherche pas à effacer l’homme de ses clichés. Dans cette série, par le choix de très petits formats, nous sommes saisis de la même émotion que devant des peintures Flamandes du 17ème siècle.Dans ces cadres étroits l’espace semble plus large encore.
Les Tempêtes sont saisies à l’instant : l’instant du dernier rayon de soleil, l’instant ou le souffle fait frissonner le vent, ou l’infini se donne à voir.
La particularité de ces photos passe aussi par la texture d’airain dans laquelle tous les éléments se figent, les dunes, les cabines de plages, le sable.
Les piquets sur la plage ou les poteaux des digues s’alignent comme les traits sous les pinceaux d’un peintre.
C’est dans cet exercice que tout devient possible ; l’eau devient mousse et le sable fantasmatique.
L’ensemble des clichés en mêlant horizontalité et verticalité devient alors d’une poésie inimitable.
Mais aussi et surtout, son travail nous parle de la fragilité de ces espaces. Il ouvre une réflexion sur la relation entre l’homme et ces paysages variables, transformés par les vents ou les courants ; ces digues mi-terrestres mi-marines qui existent et n’existent pas au gré des marées, des saisons, ou des regards qui les observent. De cette nature fragile que l’homme ne protège pas assez...
Dans sa série Mirages, sa vision singulière de la réalité est soumise à sa nette maîtrise du flou.
Phénomène optique ou miroir déformant, il extirpe une zone de netteté dans le flou de la réalité. Il éclaire alors des instants qu’il était seul à voir, pour nous faire partager la délicieuse sensation d’appartenir pour un moment à cet univers à la fois aérien et aquatique, fait de terre, d’air et d’eau. Ce voyage atmosphérique entre rêve et réalité nous donne alors à voir l’invisible.